Prix Hippocampe, quand le handicap fait des bulles



En marge du Festival de BD d’Angoulême qui se tenait du 28 au 30 janvier, l’association L’Hippocampe a remis les prix de son concours réservé aux auteurs en situation de handicap, tous âges et tous handicaps confondus.

Il a fait rire aux larmes toute l’assistance. Le jeune Kenji Legrand, lauréat d’un Hippocampe d’or pour sa planche « La tortue et le lièvre », n’a pas hésité à dire à Patrice Drevet, présentateur de la cérémonie, que ce La Fontaine qu’il ne connaissait pas et dont la fable ressemblait à sa création, avait peut-être copié sur lui. Et au dessinateur Frank Margerin, président du jury, qu’il était normal qu’il mette plus de temps que lui à réaliser une planche puisqu’il était bien plus vieux !

Un jury de professionnels

Cela se passait à Angoulême, vendredi 29 janvier. Quelque 600 personnes étaient réunies pour la remise des prix de la 16e édition du concours de BD organisé par l’association L’Hippocampe. Un concours s’adressant uniquement aux auteurs en situation de handicap, âgés de 7 à 77 ans et quel que soit leur handicap. Un concours auquel il est possible de participer de façon individuelle ou collective en envoyant trois planches de BD sur un thème donné. Cette année, il s’agissait des Jeux olympiques des animaux. Ce sujet a inspiré puisque le jury a reçu 1 800 planches pour 33 prix. Un jury exclusivement composé de professionnels. Outre le président Frank MargerinChristophe Cazenove et Domas étaient, en effet, présents pour la cérémonie.

Des candidats différents mais compétents

Un jury de professionnels car l’idée, depuis le début, est bien de prouver que si ces auteurs sont handicapés, ils sont aussi très talentueux. Ce qui a conduit L’Hippocampe à créer en 2012, en partenariat avec l’Adapei Charente et le Pôle Magelis, spécialisé dans la bande dessinée, un Ésat hors-les-murs où travaillent désormais cinq jeunes talents repérés au cours des différentes éditions du concours.

Une BD pour raconter l’aventure du concours

Et pour mieux valoriser le travail de ses lauréats, L’Hippocampe publie cette année une BD qui raconte l’aventure du concours. On y trouve les planches des lauréats des sept dernières années, introduites chacune par un auteur connu. Un album visant à promouvoir « le talent d’auteurs autrement capables » et soutenir l’action de l’association en faveur de l’insertion des personnes en situation de handicap. L’Hippocampe organise également chaque année le festival Regards croisés de courts-métrages métiers et handicap dont la prochaine édition aura lieu à Nîmes en octobre 2016. Corinne Manoury